Lectures sur l’oreiller : Faire l’amour de manière divine, de Barry Long

Ou: De l’art de bien choisir un titre…

Le nom de Barry Long est régulièrement cité dans les livres et articles qui parlent de néo-tantra. J’ai donc décidé de commencer ma rubrique « lectures sur l’oreiller » par ce petit livre qui date d’une trentaine d’années.

Le livre souffre de deux gros défauts, et comporte quelques bonnes idées. On commence par les défauts.

Premièrement, le livre fait régulièrement référence à une humanité originelle, où la nature divine de l’homme et de la femme s’exprimait dans une aura dorée qui irradiait autour d’eux en permanence, a fortiori pendant l’acte d’union charnelle. L’auteur pose cette idée au début du livre, sans s’encombrer d’un quelconque argument d’autorité. C’est comme ça, point.

Voilà le genre d’image que ça m’évoque… Crédit photo : PixxlTeufel @ Pixabay

Alors forcément, quand on a un peu d’esprit critique, on a envie de refermer le livre. Si vous avez envie ou besoin de vous muscler sur le sujet, allez faire une cure des excellentes vidéos « Hygiène mentale ».

J’ai pris le parti de mettre de côté cet argument, et de le considérer plutôt comme une vision poétique pour illustrer le message – et, je vous rassure, tout s’est très bien passé, j’ai pu lire le livre jusqu’au bout.

Deuxièmement, le choix du titre du bouquin est franchement malvenu. Même si je lui donne l’excuse d’être né dans les années 80, une époque où la pédagogie était beaucoup moins démonstrative qu’aujourd’hui. En effet, quand un titre de livre commence par un verbe d’action, a fortiori « faire », on peut s’attendre à des techniques, des conseils, des exercices. La réalité est toute autre.

En fait, Faire l’amour de manière divine est une critique assez franche de notre mode de sexualité actuel, et de ses valeurs telles que:

  • la domination masculine
  • la recherche de l’excitation, du désir, de la tension
  • la dépendance, l’obsession sexuelle et la frustration, qui se cristallisent sur d’autres aspects de la vie
  • la quête de la performance, de l’orgasme
  • la déconnexion des émotions, et d’une connexion plus vaste au monde

Avec une grande liste de conséquences : le mal-être général de notre civilisation, l’ensemble des déviances comportementales dans les domaines de l’intime et de la vie publique, la société de surconsommation etc…

Si vous acceptez cette réflexion comme telle, avec ses répétitions et son manque de structure, sans attendre des solutions, vous trouverez alors des pistes de réflexion plus vastes quant au rapport entre homme et femme, que je vais tenter maladroitement de vous résumer:

La nature propre du masculin est d’offrir un amour désintéressé au féminin. En cherchant à utiliser la femme pour son propre plaisir et en lui imposant son modèle « performant » de sexualité, l’homme corrompt sa propre nature et celle de sa compagne. Cette dernière, mal aimée et séparée de son potentiel d’amour, manifeste son manque par la colère et l’insatisfaction. Les tensions s’accumulent dans les cœurs et dans les corps en un cercle vicieux.

Le livre ouvre quelques pistes, dans une sexualité sans préliminaires, sans excitation, où les sexes s’unissent tout de suite, et où l’on abandonne le mouvement au profit des émotions. Bref, la base du slow sex.

Ce livre aurait pu s’appeler « Critique de la sexualité occidentale – analyse de ses impacts humains et sociétaux ». J’imagine aussi qu’il se serait moins bien vendu. Il est à mon sens intéressant pour bousculer les idées, mais incomplet.

Fort heureusement, le hasard a fait que j’ai commandé un autre ouvrage en même temps que celui ci pour me faire offrir les frais de port, et ce dernier est venu compléter parfaitement tout ce qui manquait à ce petit traité. Je vous en parle très bientôt dans l’épisode 2 des Lectures sur l’oreiller.

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