On ne fait plus l’amour : trois remèdes à la fatalité

Vous vous souvenez de cette histoire drôle qu’on racontait au collège ?

La sexualité chez l’être humain suit la règle des M.M.S :

à 14 ans, ça veut dire : Ma Main Seulement, à 20 ans : Matin, Midi et soir, à 30 ans : Mardi, Mercredi et Samedi, à 40 ans : Mars, Mai, Septembre, à 70 ans : Mes Meilleurs Souvenirs

En fait cette histoire n’est pas drôle du tout.

Parce qu’elle porte en elle la croyance insidieuse qu’au fil des années le feu de la sexualité, de l’amour et du désir s’éteint. Une croyance que notre société répète allégrement dans les films, livres et images qui forment nos mythes et légendes modernes.

Ce n’est pas parce qu’il y a de la neige sur le toit qu’il n y a plus de feu dans la cheminée…

Et parce que la réalité est pleine de tristesse, d’incompréhension et d’amertume. La résignation est une vraie souffrance, d’autant plus qu’elle devient le résultat d’un accord tacite pas vraiment accepté ni compris.

Je suis personnellement tombé dans le panneau de ces idées préconçues, et il m’a fallu gâcher quelques années de vie de couple pour me pencher sur le sujet et réaliser qu’il n y a pas de fatalité dans l’évolution de la vie intime. Je vous partage trois idées que j’aurais aimé lire plus tôt :

1. Comprendre sans se résigner

Oui, la sexualité évolue au fil de la vie personnelle et de la vie de couple.

Pas vrai, Shrek?

Notez que, quand je parle de sexualité ici, je ne me limite pas à la quantité, la qualité et la diversité de vos pratiques sexuelles. Je vous parle de désir, de vitalité, de bien-être, d’écoute et même de spiritualité.

Ces différentes facettes peuvent être chahutées dans une vie humaine, par différents facteurs :

  • la souffrance émotionnelle : deuil, dépression, difficultés personnelles et professionnelles
  • la souffrance physique et la maladie
  • le stress et la fatigue
  • le cap de la parentalité, qui peut combiner à des degrés variables tout ce que je viens de citer
  • les problèmes relationnels au sein du couple

Et l’impact est différent pour chacun : certains trouveront dans la sexualité une ressource pour affronter ou fuir la difficulté, d’autres l’excluront complètement.

J’ai traversé différents moments de creux dans ma relation de couple, et la part des choses est difficile à faire entre ce qui relève effectivement de problèmes du couple (auquel cas fatigue, stress, parentalité… deviennent des excuses pour ne pas aller dans la vie intime) et ce qui provient de facteurs extérieurs, et qui peut être très dévastateur si on l’interprète comme une difficulté relationnelle.

Alors, comment faire la part des choses ?

La réponse est évidente : communiquez !

Mais pas n’importe comment.

Déjà, avant d’aborder un sujet, renseignez-vous. Parlez-en à des amis de confiance, participez à un cercle de parole, ou tout simplement renseignez-vous sur le web. Il existe de nombreuses sources de contenu de qualité, je vous en cite deux qui m’ont éclairci les idées sur des thématiques particulières:

    • sur le cycle féminin et notamment sur son impact sur les relations et la sexualité (mais il y a beaucoup plus dans ce livre), l’excellent « Les trésors du cycle de la femme » de Maïtie Trelaun. A lire chacun de son côté avant d’échanger. Et hop, à la poubelle le préjugé « mauvaise humeur et pas d’amour pendant les règles »
    • sur la poursuite de la vie de couple pendant l’allaitement, un article super intéressant de Ross Escott. Lisez les deux. Le préjugé « Pas d’amour pendant l’allaitement » ira lui aussi aux oubliettes.

Une fois que vous avez pris un peu de recul, créez un moment tranquille et agréable pour aborder le sujet et connaître le point de vue de votre partenaire. Bien entendu, c’est beaucoup plus facile si vous avez pris l’habitude d’échanger dès le début de votre relation, et je vous encourage à le faire, a fortiori si tout va bien : profitez des petits moments de déphasage pour parler et voir comment vous voulez gérer dans votre couple la différence de vos désirs.

Ce dernier conseil s’adresse particulièrement aux jeunes couples, quand les difficultés n’ont pas encore pointé le bout de leur nez : prenez l’habitude de parler avec légéreté de vos désirs et plaisirs : que faites-vous quand l’un de vous a envie de sexe mais pas l’autre ? Qu’est-ce que chacun ressent ? Est-ce que ces habitudes vous satisfont tous les deux ?

Mais évidemment, quand la difficulté est bien installée, que les mois ou années sans amour s’accumulent, les choses sont différentes.

  1. Se remettre en selle – et prendre des risques« Lors on découvrait, comme tout le monde, le péril de toute véritable entreprise de séduction et la saveur des lèvres maladroites et conquises. »

Feu Chatterton, A l’aube

La grande illusion du couple, c’est le confort. L’idée que l’on est engagés ensemble, et que dans cette vie quotidienne que l’on partage, il y a aussi un engagement réciproque à animer l’intimité. L’investissement de séduction des débuts se transforme en investissement de vivre ensemble : s’adapter pour vivre harmonieusement à deux en partageant les tâches, les revenus, les temps de loisir… une adaptation qui ne cesse de se faire au fil de l’évolution du couple (pacs, mariage, enfants…) et de chacun (projets personnels et professionnels).

Et c’est là la grande erreur : tous ces partages qui construisent lentement le couple peuvent vous faire oublier la nécessité de la séduction.

Et avec elle, l’inconfort et l’incertain, parce qu’il n y a pas de mécanique dans l’amour.

Même si je prends la peine de me faire beau, d’organiser une soirée en amoureux, de me montrer sous mon meilleur jour… je cours le risque de ne pas aboutir à une rencontre amoureuse.

Même si nous sommes en couple.

C’est paradoxal, pas vrai ? Même si on est installés, liés par un engagement l’un à l’autre, et a priori assurés du confort de trouver quelqu’un dans son lit le soir, on est tout aussi fragile et vulnérable qu’un célibataire lors d’un premier rendez-vous. Le cœur plein de doutes et d’appréhensions, renforcés par le fait qu’on connaît notre partenaire et que cette dernière nous connaît, défauts y compris.

Le reconnaître est déjà un grand pas.

Savoir se montre vulnérable. Donner du temps de qualité au couple sans attendre de résultat, même si on a eu l’habitude d’une sexualité débridée. Finalement il suffit peut-être de lâcher du lest sur les attentes, de séduire pour le plaisir de séduire et d’apprécier le temps ensemble, même si l’on n’enchaîne pas sur deux heures de kama sutra.

Pourtant, à certains moments, la simple perspective de se retrouver est déjà de trop. Alors que faire de ces phases de traversée du désert ?

  1. Tirer parti des moments de pause

Si vous avez pris le temps de faire la part des choses, et que, malgré l’amour qui vous unit, la culture de l’amour est trop difficile en ce moment pour votre partenaire, ne laissez pas tomber votre propre sexualité. Prenez le temps de la cultiver, vraiment. Et ce, quel que soit l’avenir de votre couple.

Prenez la responsabilité de vos désirs : désirs de tendresse, de sensualité, de sexualité.

Vous pouvez nourrir ces trois espaces en conscience, et avec une vraie attention pour vous-même. Exit les films pornos regardés à la sauvette en quelques minutes. Prenez le temps de vous ouvrir à tout ce que l’univers peut vous offrir.

Je vous encourage à trouver vos propres pistes, mais je serais vache de ne pas vous en donner quelques unes :

  • Lisez mon blog et expérimentez en solo les différentes pratiques qui vous attirent.
  • Allez mettre un pied dans une soirée de découverte du tantra (renseignez-vous pour être bien encadré car il y a de tout)
  • Offrez du plaisir à vos sens : massage, concert, plaisirs culinaires… ne laissez pas votre corps se replier sur lui-même. Ouvrez-vous !
  • Participez à un cercle d’hommes pour partager avec d’autres
  • Massez-vous quelques minutes avant ou après votre douche quotidienne.
  • Lancez-vous dans la découverte de votre point G, et échangez avec d’autres sur les forums, vous constaterez que de nombreux hommes s’y lancent alors qu’ils sont en pleine traversée du désert dans leur couple…

Et vous, comment pouvez-vous cultiver par vous-même ces espaces dont vous avez jusqu’ici laissé la responsabilité à votre couple ?

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