Sexe anal: moins d’hypocrisie, plus d’empathie

Vous avez remarqué ? Bon nombre d’hommes hétérosexuels ne sont pas attirés spontanément par l’usage de leur zone anale dans leur sexualité. Les arguments avancés par ceux qui se sont déjà posé la question sont divers :

  • Vos bonnes raisons pour ne pas explorer votre face verso
    • Votre réponse

Vous pouvez voter pour les points qui vous concernent, et même ajouter les vôtres. Allez-y, lâchez-vous, c’est le premier sondage que je mets en place sur EveilleTaJoie, et j’ai besoin de savoir si mon module marche.

Vous remarquerez que les quatre premiers arguments sembleront beaucoup moins valables aux mêmes hommes lorsqu’il s’agit de pratiquer le sexe anal sur une femme. Et si le monde des sites porno est le reflet des nos désirs, la sodomie fait partie des pratiques qui intéressent beaucoup de monde.

J’ai envie de bousculer quelques mentalités à ce sujet.

J’ai échangé sur tout ça avec l’excellent Msieur Jeremy, qui fait de nombreux tests de sextoys et vidéos de conseils sur sa chaîne youtube, et il m’a glissé une anecdote qui résume bien ce que je pense.

Un jeune homme veut essayer de sodomiser sa compagne.

Lorsqu’il lui propose, elle lui répond : « OK, mais tu te le fais d’abord à toi-même. »

Monsieur s’est donc mis en quête d’un sextoy pour apprivoiser un peu la chose, et même si je ne connais pas la suite de leur histoire, j’imagine qu’elle fût enrichissante pour elle et lui. Et je suis épaté d’entendre autant de simplicité pour aborder les questions de sexualité dans un couple.

Vous l’aurez compris, je vous encourage, a fortiori si vous avez envie de pénétrer votre compagne par derrière (mais pas uniquement) à apprivoiser tout seul votre propre côté verso.

Mais pas n’importe comment.

Crédit photo Deedee86 / Pixabay

J’avais lu un article d’un célèbre magazine de psychologie qui encourageait les hommes à faire cette exploration. Mais sans conseils vraiment pratiques. J’avais moins de vingt ans à l’époque. Et j’ai fait un peu tout ce qu’il ne fallait pas faire. Et puis il y a quelques mois je suis tombé sur cet excellent article, sous forme de BD en anglais, qui m’a donné les clés pour apprivoiser tout ça confortablement. Et même si je n’en ai pas tiré de plaisir, j’ai gagné en connaissance de mon corps et en compréhension de ce que peut ressentir une femme (ou un homme d’ailleurs) pendant la pénétration.

5 Conseils pour partir en exploration sans vous faire de mal (psychologiquement ou physiologiquement) :

Patience, écoute, douceur d’esprit

Abordez les choses dans un esprit de découverte et sans objectif. Écoutez beaucoup votre corps et ses réactions, et allez-y en douceur. Si ça devient inconfortable ou douloureux, n’allez pas plus loin, et revenez doucement vers des paliers plus confortables avant d’arrêter. Vous n’êtes pas une star du porno surentraînée et gavée d’antalgiques, donc allez-y très doucement, il vous faudra de toute façon plusieurs séances d’avancées progressives.

Crédit photo Sponchia / Pixabay

N’oubliez pas que vous portez en vous, ancrée très profondément, une envie très forte de pénétrer, avec vos doigts ou votre sexe. Vous allez devoir faire particulièrement attention à écouter la zone qui reçoit plutôt que celle qui pénètre. Votre corps va réagir et vous apprendrez peu à peu à sentir quand il est prêt à aller plus loin, exactement comme vous le faites, je l’espère, avec votre partenaire.

Hygiène

Attaquez vos sessions idéalement deux heures après être allé aux toilettes pour que votre rectum soit globalement propre. Si c’est un point sensible pour vous, vous pouvez faire un lavement avant la séance (avec une poire à lavement de 125ml remplie d’eau tiède à la température du corps – une fois suffit). Votre salle de bains est un bon endroit pour être tranquille, prenez une bonne douche pour vous détendre, et commencez à vous masser pour être parfaitement détendu.

Les petits accidents peuvent arriver, un bon coup de savon et on n’en parle plus. Même si l’effet est « tue l’amour » au possible, respirez un grand coup, et n’arrêtez pas votre séance brutalement.

Lubrifiez, lubrifiez, lubrifiez !

Au contraire d’un vagin, votre anus n’est pas pourvu d’une fonction de lubrification. Donc lubrifiez en quantité, c’est-à-dire plus que vous ne le pensez (on parle de quelques millilitres).

Crédit photo Skitterphoto / Pixabay

Pour le choix du lubrifiant, trois grandes options :

  • Les lubrifiants à base d’eau : très faciles à trouver, dans la plupart des pharmacies vous pourrez acheter un flacon de 100ml fait par une grande marque de préservatifs. Utilisable immédiatement, ne tâche pas, mais peut sécher avec le temps, pensez bien à en remettre si vous pratiquez longtemps.
  • Les lubrifiants à base de silicone : en boutiques spécialisées, les plus efficaces en termes de tenue et de glisse. Font des tâches et sont proscrits avec les sextoys en silicone qu’ils font fondre.
  • Mes préférés : les lubrifiants naturels : Huile de coco, beurre de karité… sont compatibles en usage interne pour hommes et femmes, achetez de préférence du bio. Très économiques (20-30€ le kilo en ordre de grandeur sur les boutiques en ligne… beaucoup plus dans certains magasins bio), ils demandent un peu de préparation puisqu’ils sont solides, il faut donc les faire fondre. Très polyvalents en huile de massage, de soin pour la peau et les cheveux, et avec quelques bonnes propriétés antifongiques pur l’huile de coco notamment. Font des tâches grasses (donc faciles à laver si on s’y prend de suite).

Equipez-vous

Si vous voulez aller plus loin que vos explorations avec les mains, et ne plus vous faire mal au poignet, la case sextoy me semble indispensable.

Parce que les bananes, ça ne va qu’un temps…

Crédit photo Bru-nO / Pixabay

Je glisse cette image de banane avec un peu d’humour certes, mais non sans savoir que beaucoup se lancent dans des explorations avec des objets ou ustensiles qui ne sont pas adaptés du tout pour un usage interne.

Alors je rappelle les 5 règles de base quant au choix de votre outil de découverte:

1. Évitez tout objet qui peut casser, laisser des échardes ou des morceaux divers (sinon direction les urgences). Idem, pas de forme trop pointue, d’arête trop nette…

2. Vos sphincters se contractent naturellement, donc si votre objet de jeu présente une forme qui se resserre à un moment et qu’il n’y a pas de butée derrière, vous risquez de le voir disparaître dans votre fondement (sinon direction les urgences). A fortiori pas de boule, balle ou autre objet sphérique s’il n’est pas muni d’un fil solide pour le retirer (sinon direction les urgences)

3. Ne gardez pas en vous un objet qui n’est pas fait pour cet usage, et n’allez surtout pas vous promener à l’extérieur avec un objet qui pourrait vous blesser si vous tombez ou que vous êtes bousculé (sinon direction les urgences, dans le meilleur des cas)

4. Choisissez une matière qui est compatible avec un usage interne, que vous pouvez suffisamment laver avant usage pour éviter de vous contaminer avec une bactérie qui traîne (sinon direction les urgences)

5. Si c’est trop tard, que vous avez fait une boulette, assumez d’être ridicule un moment devant l’interne qui vous accueillera aux urgences et allez-y aussi vite que possible. Rassurez-vous, les médecins en voient d’autres… mais ne tardez pas: vous pouvez vous blesser très sérieusement sans vous en rendre compte.

Bref, si vous voulez respecter convenablement les quatre premières règles ci-dessus, vous n’échapperez pas à l’achat d’un jouet dédié.

Prenez le temps de regarder les sites de testeurs (OhjoysextoyNouveaux Plaisirs, ou la chaîne Youtube de Msieur Jeremy) pour vous faire une culture sur le sujet. Il existe de très nombreux produits et les gammes sont très étendues. Trois grandes options pour vous :

  • les masseurs prostatiques, qui vous permettront de stimuler précisément votre prostate (donc moins de sensations de pénétration, et moins de stimulation anale)
  • les plugs, qui s’insèrent et restent en place, vous permettant de garder les mains libres. Sans doute le meilleur choix pour simplement découvrir, notamment grâce à des formes qui s’élargissent progressivement
  • les dildos, qui ont des formes évoquant plus ou moins un pénis en érection. Sans doute les plus adaptés pour comprendre au mieux ce que ressent votre partenaire, mais avec souvent des tailles qui demandent un bon entraînement préalable

Ces objets de plaisir existent en de nombreuses tailles (commencez par quelque chose d’intermédiaire entre votre doigt et votre sexe – et n’ayez pas les yeux plus gros que le ventre ! ), de nombreuses matières (du silicone le plus doux au verre, bois ou métal), une infinité de formes (choisissez celle qui vous fait envie tout simplement) et avec plein de fonctions. Pour débuter restez sur un objet simple, non vibrant, sans fonctionnalité sophistiquée.

En revanche, optez pour de la qualité et n’allez pas acheter de jouet fabriqué dans un mauvais plastique plein de polluants. Restez sur des grandes marques et, encore une fois, lisez les tests des blogueurs cités plus haut.

C’est parti !

Vous avez tout lu, vous avez a minima votre lubrifiant et vous voulez aller voir ce qu’il se passe là-bas ? Alors prenez un vrai moment où vous aurez une demi heure pour vous sans être dérangé, prenez une bonne douche pour vous détendre, créez une atmosphère qui vous plaît, et commencez à vous masser avec douceur et sensualité sur toute la zone qui va de votre sexe à vos fesses: testicules, plancher pelvien… Laissez parler votre corps, massez et caressez longuement avant de vouloir explorer avec un doigt, et quand vous le faites, allez-y progressivement, en douceur, avec des mouvements très lents, que ce soit pour entrer comme pour sortir.

Quelles que soient vos sensations, vous allez gagner en aisance et en connaissance de vous-même, et je parie que vous n’aborderez plus vos rapports sexuels avec votre partenaire de la même manière.

Est-ce que ces idées vous tentent? Vous bousculent? Faites-moi part de vos réactions et découvertes !

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