Les explorations prostatiques en six questions – FAQ pour les femmes- partie 1

Derrière ce titre un peu abrupt se cache ma propre difficulté à évoquer mon chemin et mes découvertes à ma compagne. Je ne suis visiblement pas le seul dans ce cas, et je me suis dit qu’un article sous forme de questions – réponses pourrait être un bon moyen d’entrer en douceur dans le sujet.

Lecture conseillée à toutes les femmes dont les hommes s’intéressent au sujet.

1. Qu’est-ce que c’est que ce fameux plaisir prostatique ? Et comment ça fonctionne ?

La prostate est une glande située sous la vessie des hommes, qui sert à fabriquer et stocker une partie du liquide séminal, l’un des composants du sperme. Elle fait la taille d’une noix, et elle est aussi surnommée « point G masculin ».

En effet, une stimulation correcte de la prostate mène à des orgasmes très intenses, et très différents des orgasmes « classiques » que connaissent les hommes. Ces orgasmes se passent souvent d’éjaculation (et de la baisse d’énergie qui va avec), ils peuvent durer plusieurs minutes, irradier du plaisir dans d’autres zones du corps, et être vécus de nombreuses manières différentes, du plus intérieur (immobile, en respiration profonde) au plus manifeste (gémissements, cris, convulsions…).

L’analogie avec le point G féminin ne s’arrête pas là.

On accède au point G masculin facilement en allant toucher la face avant du rectum, quelques centimètres après l’anus, où un petit renflement est perceptible, tout comme le point G féminin se situe à quelques centimètres à l’intérieur du vagin, sur la face avant.

La stimulation met en œuvre des mécanismes très différents de ceux de la pénétration, on ne cherche pas de sensation de remplissage et les mouvements sont très différents.

L’éveil de la prostate se fait pour la majorité des hommes par l’utilisation d’un masseur prostatique, un appareil initialement conçu pour des applications médicales, et qui se révèle très efficace dans un but de plaisir. La plupart des masseurs prostatiques sont de petits objets comparés aux sextoys féminins (regardez l’aneros peridise : une dizaine de centimètres de long, deux centimètres de diamètre à la tête) qui fonctionnent sans pile ni vibration, simplement en utilisant les contractions naturelles du corps pour venir masser cette fameuse prostate.

Notez que l’accès au plaisir prostatique ne se fait pas d’un coup et demande un certain nombre d’expérimentations et d’étapes à franchir, d’abord pour franchir les étapes de l’inconfort, surmonter tous les tabous qu’un homme peut avoir à explorer cette zone de son corps, découvrir et reconnaître le plaisir, et enfin savoir le générer par soi-même.

2. Pourquoi fait-il ses explorations tout seul ?

Notre culture considère que l’homme, grâce à ses organes génitaux extérieurs, connaît et apprivoise très tôt son plaisir, son désir et sa sexualité. Autrement dit, passé une phase de puberté propice aux explorations, les hommes n’ont plus rien à apprendre sur eux-mêmes.

Ce qui est (heureusement) complètement faux.

En fait, j’ai commencé à l’évoquer plus haut, le plaisir prostatique se découvre et s’apprivoise au fil du temps, sur une période qui se compte en mois pour la plupart des hommes. On parle quand même de la découverte d’un organe sexuel complètement ignoré jusque là. Et le fait de passer par la zone anale va forcément avoir des impacts émotionnels forts, d’abord sur toutes les notions d’hygiène et de propreté, mais aussi sur tout ce qui touche à la construction sociale de la virilité.

Les explorations et exercices liés à l’éveil de la prostate vont donc appuyer sur des points de vulnérabilité, et demandent une certaine capacité d’accueil et d’ouverture qui sont à des niveaux inhabituels pour un homme dans sa sexualité.

Il est donc plus facile de s’exercer seul car le regard que l’homme va porter sur lui-même est déjà suffisamment impactant à gérer. L’abandon et le lâcher-prise sont fondamentaux sur le chemin, et moins délicats à atteindre en solitaire.

3. Quel impact ça peut avoir sur mon homme ?

Je partage avec un groupe d’hommes le fruit de nos expériences et explorations, et évidemment chacun à son propre ressenti sur le sujet. Il y a néanmoins trois impacts majeurs qui émergent :

a) Evolution émotionnelle : ouverture à plus de vulnérabilité, gain en patience, mais aussi évolution de la confiance en soi suivant que la recherche de plaisir est fructueuse ou non (certains hommes mettent plusieurs années à avoir des sensations, d’autres les trouvent rapidement puis peinent à les retrouver…).

b) Une évolution du rapport de l’homme à son sexe. Le plaisir prostatique s’atteint en évitant la stimulation du pénis, dans une construction du désir beaucoup plus lente et élaborée. La jouissance qui en résulte est bien plus gratifiante mais plus exigeante aussi. De fait l’intérêt pour la sexualité très directe « érection – stimulation – éjaculation » baisse notablement.

c) Une sexualité beaucoup plus nourrissante à tous niveaux – et la bonne humeur qui va avec

4. Quel impact sur la vie de couple ?

Je le dis en filigrane depuis le début de l’article, mais à travers l’éveil de son corps et les émotions qui vont avec, l’homme emprunte des chemins qui jusqu’ici ont été catégorisés dans le monde du féminin.

La découverte des différentes formes d’orgasme féminin (clitoridien, vaginal, utérin, du point G…) s’est faite sur plusieurs décennies au niveau sociétal et médical, et pour chaque femme, à son rythme, via ses expériences personnelles (masturbation, vie de couple, pratiques sexuelles et spirituelles).

Les hommes sont eux aussi, avec quelques trains de retard, en train de faire évoluer leur sexualité, et ma conviction profonde, celle qui me pousse à vaincre mes complexes et ma timidité pour écrire un blog sur le sujet, est que nous sommes, hommes et femmes, beaucoup plus proches que différents dans nos chemins de plaisir, malgré les conceptions réductrices que la société nous impose.

Les hommes que je connais qui sont sur ce chemin depuis longtemps ont constaté avec leurs compagnes une évolution très forte et très positive de leur sexualité et de leurs relations – à la clé : plus de plaisir, d’écoute et de compréhension mutuelle.

Bref, une sexualité beaucoup plus basée sur l’échange, à tous niveaux.

5. La question que tout le monde se pose mais que personne n’ose poser ?

Tous les sites et ouvrages qui abordent le sujet ont cette phrase rassurante, et je mettrai moi aussi ma pierre à l’édifice, car j’ai été confronté à ces questions dans mon propre regard : Non, le plaisir prostatique ne change pas les orientations sexuelles des hommes.

Et ce, malgré tout ce que nos modèle sociaux nous inculquent très subtilement (« gémir de plaisir, c’est plutôt féminin, non? »), ou beaucoup moins (« le sexe anal ? mais c’est pour les homos !»).

L’orientation sexuelle d’un être humain est une composante complexe de la personnalité, mais elle relève d’un élan vers un genre ou l’autre (ou les deux) : une attirance du corps et du cœur pour les hommes ou les femmes. Et pas tellement d’une pratique sexuelle ou d’une autre.

D’ailleurs, l’évolution de nos jouets de plaisir fait qu’une femme peut aujourd’hui pénétrer son ou sa partenaire, sans que la nature homo- ou hétéro-sexuelle de leur relation en soit modifiée. Pourquoi les hommes ne pourraient-ils pas se retrouver en position de récepteurs de plaisir, avec tout leur corps et tout leur être ?

6. Quelle attitude adopter si mon homme veut explorer ?

S’il a le courage de vous en parler, c’est plutôt un gage de santé dans votre relation.

Avant tout, respectez-vous, dans ce que vous pouvez entendre, voir, et faire. Documentez-vous et apprivoisez le sujet hors du couple (quelques bons sites et saines lectures existent sur le web) si vous avez des doutes et questionnements. Et posez vos propres limites.

Respectez aussi votre conjoint, qui va probablement passer par quelques phases de doute, traverser quelques tabous et rencontrer de plein fouet quelques préjugés qu’il porte parfois bien malgré lui.

Quoi qu’il arrive, ses explorations lui demanderont un peu de temps disponible pour lui (on parle de sessions entre une demi-heure et deux heures). Voyez tout ça autant que possible comme un espace d’évolution personnelle pour lui, et pas quelque chose qui le détourne de votre vie de couple.

A long terme, vous en ressentirez tous deux les bénéfices – tant dans une sexualité plus gratifiante pour vous deux que dans une qualité d’échange plus profonde. Évidemment c’est plus facile à dire qu’à faire, et si cela vous met en difficulté, prenez le temps d’en parler – en laissant tant que possible de côté vos jugements.


Voilà pour ce premier article à destination des femmes (et des couples). C’est le vœu pieux d’un homme un peu coincé qui reste lucide sur ses propres difficultés à aborder le sujet dans son propre couple.

J’aimerais, tout particulièrement sur cet article, savoir s’il vous a apporté quelque chose, et si les questions ressemblent à celles que vous avez pu vous poser.

Si vous avez d’autres questions, je compte sur vous pour me les soumettre via les commentaires ou le formulaire de contact afin que je puisse construire la deuxième partie de cet article.

Avez-vous d'autres questions sur le plaisir prostatique ?
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Belles explorations, et bons échanges à tous !

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